Cet itinéraire historique guide a pour objectif présenter différents épisodes de l’histoire d’Andorre. La visite commence par l’église Saint-Jean de Sispony, puis par le chemin de la Closa et se termine au niveau du musée Casa Rull, dans la rue principale.


Sispony est un village de la paroisse de la Massana, situé à 1.360 mètres d’altitude, qui dispose de Quart et est peuplé d’environ mil habitants. À Sispony vivent ensemble des témoins de l’économie de quasi-subsistance sur laquelle se basait l’Andorre, l’agriculture et l’élevage. Les constructions modernes, avec une esthétique attentionnée et pseudo-traditionnelle sont celles d’un village dortoir, presque sans vie ni âme, qui ont avalé les terrasses et les prés.

 

Les visites peuvent se réserver par courrier électronique à reservesmuseus@govern.ad

Éléments de l’itinéraire

Ordino barroc
Església de Sant Corneli i Sant Cebrià
Capella privada de Casa d'Areny-Plandolit
Capella privada de Casa Rossell
Les capelles familiars privades: Museu Casa d’Areny-Plandolit

La famille Areny était composée de paysans aisés, propriétaires de vastes étendues de terres et de nombreux troupeaux.

Les alliances matrimoniales des Areny ont permis à la famille d’obtenir un titre de noblesse et de transformer la maison ancestrale d’Ordino en une véritable demeure noble, avec la construction d’une chapelle et d’une bibliothèque.

La chapelle privée témoigne de la profonde piété de la famille. Dédiée à Notre-Dame des Douleurs, on y trouve également une autre représentation de la Vierge Marie, celle du Mont-Carmel, illustrée dans une peinture baroque de grande qualité, datée du XVIIIᵉ siècle, réalisée par un artiste anonyme.

On y voit deux moines franciscains agenouillés, un paysage qui donne de la profondeur à l’œuvre, et la Vierge du Mont-Carmel avec l’Enfant Jésus sur ses genoux.

Dans le couloir menant à la chapelle, au-dessus du linteau, se trouve un portrait de saint Ermengol, vêtu d’une riche cape pluviale et tenant la crosse épiscopale, daté du milieu du XVIIᵉ siècle et attribué au peintre Jeroni d’Herèdia, le maître d’Ansalonga.

Le maître d’Ansalonga était un peintre expert, capable de créer des visages d’une grande expressivité et des personnages solennels et réalistes.

Les chapelles privées familiales : Casa Rossell

Certaines maisons de familles aisées possédaient des chapelles privées. Pour en construire une, en plus des ressources nécessaires, il fallait obtenir une autorisation de l’Église. Ces édifices étaient consacrés comme de véritables ambassades du ciel sur Terre et, à ce titre, devaient être placés sous l’autorité ecclésiastique.

À Ordino, la première chapelle privée construite est celle de la Casa Rossell. En 1779, l’évêque d’Urgell a accordé la permission de construire le temple, et un an plus tard, il l’a consacré.

Cette chapelle de petites dimensions, à nef unique, est dédiée à Notre-Dame de l’Immaculée Conception. Elle présente un plan rectangulaire orienté vers le nord-est, avec une petite sacristie attitrée. De plus, elle dispose d’un chœur d’où l’on accède à un passage reliant la maison à la chapelle.

À l’intérieur, s’y trouve une image de l’Immaculée Conception. Elle est considérée comme l’une des pièces artistiques les plus remarquables du baroque andorran et a été réalisée par un artiste anonyme vers le milieu du XVIIIᵉ siècle.

Église de Sant Corneli et Sant Cebrià

 

Bien qu’elle puisse nous rappeler un édifice roman, la première référence documentaire concernant l’église actuelle remonte à 1575. Au XVIIIe siècle, le nombre de chapelles a été modifié, et au XIXe siècle, une partie du clocher et de la nef a été reconstruite.

Nous nous trouvons donc devant un bâtiment à l’inertie romane, mais à l’intérieur du temple, on trouve des grilles en fer, du mobilier liturgique et des chapelles dotées de retables de style baroque.

Dans l’église de Sant Corneli et Sant Cebrià, cinq retables baroques, décorant l’abside et les chapelles latérales, sont conservés. Ils sont en bois polychrome et, pour la plupart, de petites dimensions, réalisés par des auteurs non identifiés.

Comme on peut l’observer sur les retables, le baroque renforçait l’utilisation des images, et les programmes étaient prédéterminés, établis et standardisés, rendant les thèmes très courants dans toute l’Andorre et la Catalogne. Ils y représentent des scènes et des personnages comme le martyre et la passion du Christ, Dieu le Père, les archanges Michel et Gabriel, des saints classiques (Pierre, Paul), mais aussi de nouveaux saints, promus après le concile de Trente. Éloignés des dangers de l’idolâtrie, ils étaient utiles pour la prédication et la liturgie.

Introduction

 

Le contexte européen de la Contre-Réforme est essentiel pour comprendre l’art baroque.

La Contre-Réforme est la réponse de la papauté à la Réforme protestante de Martin Luther, principalement formalisée lors du concile de Trente : clercs, théologiens, évêques et archevêques se réunissent pour définir la doctrine catholique, renforcer le pouvoir du Pape et condamner les réformistes protestants. Dans l’art, la Contre-Réforme catholique entraîne un renforcement de l’usage des images — remises en cause par les protestants — et la réalisation d’œuvres de plus en plus exubérantes, ornées, chargées et dorées.

En Andorre, comme ailleurs, la piété et les pratiques dévotionnelles ont été marquées par les directives de l’Église. Cependant, en Andorre, le style baroque s’est développé à partir du milieu du XVIIᵉ siècle, un siècle plus tard que dans les autres territoires, à une époque de certaine effervescence économique et démographique.

Ici, nous ne trouverons pas de grands édifices ; le style a plutôt été adopté à travers des retables, des grilles en fer, des objets liturgiques... de qualité modeste, adaptés au contexte rural du pays, où la répétition primait sur la créativité.

Itineraire guideée pour des groupes spéciaux.

Ordino.

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